Amour, gloire et trahison à la Tour de Londres !

Chaque voyage est propice à la découverte de l’histoire d’un peuple. Je pense d’ailleurs que l’on ne peut pas comprendre une culture, un pays ou une ville sans connaître son histoire. Regarder le passé permet de comprendre le présent et même d’entrevoir l’avenir d’une nation.

Ma visite de la capitale anglaise (découvrez aussi les 5 incontournables de Londres) comprenait donc une nouvelle plongée historique et passionnante ! Je ne pouvais décidemment pas quitter la ville sans un petit détour par la tour de Londres.

La Tour de Londres sous bonne protection

Vous pouvez la visiter par vous-même ou bien opter pour une visite guidée de 60 minutes (en anglais seulement) avec les hallebardiers de la garde royale. Ces derniers, aussi appelés « beefeaters », vivent dans ce monument emblématique depuis le XIVème siècle. Ils sont les mieux placés pour vous conter les histoires étonnantes, les secrets les mieux gardés et les drames sanglants qui se sont joués ici. Je vous conseille vivement d’opter pour cette visite guidée, sauf si vous êtes vraiment nul(le) en anglais. Les hallebardiers (environ une trentaine) gardent le château, s’occupent des visites guidées et … des corbeaux ! Une grande attention est portée à ces animaux. La légende veut que la tour de Londres s’effondre si les six corbeaux résidant à la forteresse venaient à la quitter. Depuis, les gardes s’occupent quotidiennement de sept corbeaux (six titulaires et un « remplaçant »).

A savoir : la tour accueillit aussi des animaux exotiques au Moyen-Age (éléphant, lions, ours blanc, …).

La tour blanche de Guillaume le Conquérant

Si les romains étaient déjà intéressés par l’Angleterre et plus particulièrement par Londres, qu’ils fondèrent et fortifièrent (200 ans après J.-C), c’est à Guillaume le Conquérant que l’on doit la première tour en pierre. En effet, après avoir battu l’armée du roi Harold Godwinson à la bataille de Hastings, le monarque normand ordonna la construction d’une tour pour fêter son arrivée à Londres. Pendant ce temps, le nouveau roi mata les derniers rebelles du pays. La Tour blanche fut construite avec des pierres directement importées de Normandie. Elle fut achevée en l’an 1100 après J.-C.

La tour de Londres à l’époque médiévale

Les palais de Westminster étant plus confortables, la tour de Londres ne fut donc jamais la résidence principale des rois et reines d’Angleterre, bien qu’elle en accueilli plusieurs. Toutefois, ce monument emblématique n’eut de cesse de s’étendre et de se fortifier. Richard Cœur de Lion (1189-1199) puis son frère Jean et son fils Henri III construisirent de nouvelles tours, défenses, douves, …etc. Edouard Ier renforça de nouveau la forteresse qui servait déjà régulièrement de prison. D’autres monarques suivirent et chacun apporta sa pierre à l’édifice. Après le règne de la maison des Plantagenêt qui se termina avec Richard III en 1485 vint le règne de la maison des Tudor !

La maison Tudor

Ce nom vous évoque peut-être quelque chose ? En effet, l’histoire de cette dynastie a beaucoup inspiré la littérature, des séries et même des films. En effet, Henri VIII est connu pour ses aventures amoureuses rocambolesques. Sa vie maritale fut pour le moins mouvementée…

Sa première femme fut la reine Catherine d’Aragon avec qui il eut une fille : Marie Ière, qui deviendra par la suite reine. Déjà avec cette première épouse, le roi était mal parti. Pourquoi, me direz-vous ? Tout simplement car Catherine d’Aragon était l’épouse de son frère… (et là vous vous dites « WHATTT ?? »).

Explications : il devint roi à la mort de son frère. Il lui sembla donc logique de prendre sa femme pour épouse. Oui, c’est tordu… Mais pour l’époque, rien d’affolant ! Le début des complications vient du fait que sa première femme Catherine n’arrive pas à lui donner un fils (elle n’est plus toute jeune non plus). Henri VIII est donc volage et entretient une relation avec Mary Boleyn. Mais notre bon vieux Henri ne s’arrête pas là (ce coquinou…). Il tombe amoureux de la sœur de Mary, la bien connue Anne Boleyn. Plus ambitieuse que sa sœur, Anne refuse les avances du roi et ne veut pas se « contenter » d’être sa maîtresse. Pour pouvoir consommer le fruit de sa nouvelle passion, Henri doit donc trouver une solution, d’autant plus qu’il lui faut un héritier :

  • Doit-il légitimer le « bâtard » de Mary Boylen ? Même à l’époque, on n’est pas sûr qu’il soit son fils, même si certains lui trouvent des ressemblances physiques avec le roi.
  • Doit-il attendre d’avoir un petit-fils de sa fille Marie ?
  • Doit-il faire disparaître sa femme Catherine pour épouser Anne ?

Quel choix cornélien !

Le pape de l’église catholique ne veut pas autoriser le divorce du roi et de la reine Catherine (dans le but d’épouser Anne Boylen, vous suivez toujours ?). « Pas content ! Pas content ! » clama alors Henri VIII. Et que fait un roi pourri gâté lorsqu’on lui dit non ? Il fait quand même ce qu’il veut ! L’Eglise anglaise rompit les liens avec l’autorité papale de Rome, entraînant ainsi le début de la « Réforme anglaise » ou schisme anglican. Anne et Henri parviennent par conséquent à se marier. La nouvelle reine donne naissance à une fille Elizabeth qui deviendra reine d’Angleterre et d’Irlande après la mort de sa demi-sœur Marie Ière. Henri VIII a obtenu ce qu’il voulait (autrement dit la supposée innocence d’Anne) et reprend donc ses bonnes vieilles habitudes : les infidélités…

Cependant, cela ne sied guère à la nouvelle reine et les tensions dans le couple sont fréquentes. N’ayant toujours pas de fils et voulant butiner sans se faire sermonner, Henri VIII décide d’accuser Anne d’adultère, d’inceste et même de haute trahison (puisqu’elle ne veut pas donner de fils à son roi, la vilaine). Elle sera donc condamnée à mort et excécutée à la Tour de Londres. Le roi dans sa grande bonté, opta pour la décapitation plutôt que la mort sur le bûcher et choisit l’épée au lieu de la hâche pour une mort plus rapide. Merci à lui pour cette belle preuve d’amour…

Notre bon roi Henri ne s’arrêta pas en si bon chemin. Il eut 6 femmes au total (sans compter les nombreuses maîtresses) avant de mourir. Après Anne, il y eut donc Jeanne Seymour. Cette dernière (lol) lui donna le fils tant désiré (Edward VI) mais elle mourut rapidement d’une infection à cause de l’accouchement. Mince alors, la boucherie aurait pu s’arrêter là ! C’est bête …

La prochaine fut Catherine Howard qui, soit dit en passant, était la cousine d’Anne Boylen. On a un grand sens de la famille chez les Tudors ! Cette cinquième femme était encore adolescente lorsqu’elle épousa notre bon vieux pervers Henri VIII âgé d’une cinquantaine d’années. Etant donné que le vieux boitait et puait à cause d’une blessure mal guérie, Catherine fut accusée d’être allée voir ailleurs (franchement, on peut la comprendre !). Puisque le Moyen-Age n’est pas une période reconnue pour prôner l’égalité des sexes (le roi peut aller voir ailleurs mais pas la reine), elle fut aussi accusée de trahison et d’adultère et décapitée à la tour de Londres…

Rongé par la goutte, obèse et toujours affecté par sa blessure suitante de pus, Henri se remariera une dernière fois (pour le bien de tous) avec une … Catherine Parr (le mec est à peine obsédé par ce prénom). Cette dernière aura au moins eu la chance de survivre à son époux. Mais puisque la vie est tellement fun à cette époque, elle mourra peu après avoir accouché de l’enfant de son deuxième mari. Cela ne m’aurait pas étonné que les derniers mots de Catherine soit « Life’s a b*tch ! » soit « la vie est une chienne » …

La tour de Londres fut le théâtre de nombreuses tragédies et d’histoires que l’on pourrait croire inventées. C’est pour cela que j’apprécie autant cet endroit. C’est mieux que de regarder Plus belle la vie ou même Game of Thrones. Il y a davantage de rebondissements et de secrets ! J’espère ne pas avoir été trop imbuvable dans cet article et vous avoir donner envie de vous intéresser à ce lieu mythique.

Sources de l’article : documentation prise sur place et wikipédia.org